Du 17 au 19 juillet 2026, IED Milano s'est installé au Dover Street Market Paris pour présenter Substructure – Inside the Creative Architecture of Fashion. Une première exposition parisienne qui invite à regarder la mode autrement : non plus seulement à travers le vêtement fini, mais à travers tout le processus créatif qui lui donne naissance. La Journaliss était sur place.

Paris et Milan. Deux capitales européennes de la mode, deux identités fortes et deux manières de faire vivre la création. C'est précisément entre ces deux univers que s'est inscrite Substructure, première exposition de l'Istituto Europeo di Design (IED) Milano présentée à Paris.

Accueillie au Dover Street Market Paris, l'installation proposait une immersion dans une partie de la mode que le public voit rarement : ce qui existe avant le vêtement.

Montrer ce qui se cache derrière une collection

Croquis, recherches visuelles, images, prototypes, matières, expérimentations et idées en construction : avec Substructure, le résultat final s'efface volontairement pour laisser apparaître les différentes étapes de la création.

Une approche qui interroge notre manière de regarder la mode.

Car derrière une silhouette présentée sur un podium se trouvent des heures de recherche, des essais, des changements de direction et parfois des doutes. C'est précisément cette architecture invisible que l'exposition souhaitait rendre visible.

L'installation plonge ainsi le visiteur dans un environnement immersif où les images et les projections accompagnent les éléments de recherche et les pièces encore en construction.

Installation de drapeaux colorés dans la cour, exposition Substructure de IED Milano à Paris

Substructure — Inside the Creative Architecture of Fashion, dans la cour du Dover Street Market Paris

Entrer dans l'esprit du créateur

Lors de ma visite, j'ai pu échanger avec Serena Toffetti, art director et professeure à IED Milano, qui m'a présenté la démarche artistique de l'installation.

L'objectif n'était pas simplement d'exposer des créations, mais de donner à voir le cheminement intellectuel et artistique qui les précède.

Le visiteur ne découvre donc pas uniquement ce que le designer produit. Il entre, symboliquement, dans son processus de réflexion.

Une manière également de rappeler que la mode ne se résume pas à l'image spectaculaire d'un défilé ou à la pièce que l'on découvre une fois achevée. Elle est aussi faite de recherche, de technique, de culture et d'expérimentation.

La Journaliss avec Umberto Sannino, Head of Fashion School à IED Milano

Avec Umberto Sannino, Head of Fashion School à IED Milano

Milan rencontre Paris

Le choix de Paris pour cette première exposition de IED Milano n'est pas anodin.

Faire voyager un projet issu d'une école de mode milanaise jusqu'à la capitale française crée naturellement un dialogue entre deux territoires qui occupent une place centrale dans l'industrie mondiale de la mode.

Au-delà de leur concurrence historique, Paris et Milan sont aussi des espaces de circulation pour les créateurs, les étudiants, les professionnels et les idées.

Substructure s'inscrit dans cette dynamique internationale.

Pour une nouvelle génération de designers appelée à travailler dans un environnement de plus en plus global, cette capacité à confronter différentes cultures créatives devient elle-même une richesse.

Une autre manière de raconter la mode

Cette exposition soulève finalement une question intéressante : et si raconter la mode consistait aussi à montrer ce que l'on ne voit habituellement pas ?

À l'heure où les collections et les tendances circulent à une vitesse considérable sur les réseaux sociaux, Substructure choisit au contraire de revenir à la construction d'une idée.

Avant le podium, avant la photographie, avant le vêtement terminé, il y a une pensée.

Et c'est peut-être là que commence véritablement la création.

Reportage vidéo Substructure

Reportage : La Journaliss · Paris, juillet 2026